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Marianne Lederer (1934-2026)

Marianne Lederer
Photo © Christophe Peus

L'Association Danica Seleskovitch a la tristesse de faire part du décès de Marianne Lederer le 10 avril 2026 à l'âge de 91 ans.

Les deux vidéos suivantes lui sont consacrées :

Anne-Marie Widlund Fantini lui a rendu hommage dans le texte ci-dessous :

Née à Paris en 1934, Marianne Lederer est l’aînée d’une fratrie de sept enfants. Elle grandit à Sceaux en région parisienne, auprès d’un père scientifique et d’une mère issue d’une lignée de  mathématiciens.
Après des études de lettres à la Sorbonne (licences d’anglais et d’allemand) et des séjours en Angleterre et aux Etats-Unis, Marianne Lederer obtient son diplôme d’interprète de conférence (français-anglais-allemand, Bac +5) à l’Ecole de Traducteurs et d’Interprètes auprès des HEC.
En 1959, à l’occasion d’une mission en Tunisie, elle fait la connaissance de Danica Seleskovitch, alors secrétaire exécutif de l’AIIC. En 1960, Marianne Lederer adhère à son tour à l’Association, dont le siège est encore à Paris, rue des Archives.
Avec d’autres jeunes collègues - Anne-Rose Biehl, Michel Curtis, Joy Bokowniew -Marianne Lederer est rapidement embrigadée par Danica Seleskovitch au siège  de l’Association. Elle est notamment chargée de s’occuper de l’Annuaire et d’y introduire les nouveaux membres admis au fur et à mesure des Assemblées successives.
Tout en n’étant pas militante dans l’âme, Marianne Lederer s’intéresse de près à l’AIIC et lorsque Danica Seleskovitch démissionne du poste de secrétaire exécutif et est remplacée par Irène Testot-Ferry, Marianne Lederer devient l’adjointe du nouveau secrétaire. Au cours de sa carrière d’interprète, elle occupera ensuite d’autres postes au sein de l’Association.
Lorsque Danica Seleskovitch est nommée directeur adjoint de l’ESIT, elle pousse Marianne Lederer, que l’enseignement n’attirait pas particulièrement, à accepter de faire des cours de consécutive. Ce sera le début d’une longue carrière en tant que professeure et enseigner l’interprétation, puis la traductologie, la passionnera pendant les décennies à venir.
Entretemps, suite à Danica Seleskovitch, titulaire d’un doctorat d’Etat portant sur l’interprétation consécutive et son enseignement, Marianne Lederer fera à son tour une thèse consacré à l’interprétation simultanée. Elle obtient son doctorat d’Etat en 1978.
En 1979, nommée professeure à Paris XII, à Créteil, elle y crée le département de langues étrangères appliquées (LEA). Elle restera à ce poste jusqu’en 1985, année où elle est mutée à l’ESIT.
Au départ à la retraite de Danica Seleskovitch en 1990, Marianne Lederer lui succède au poste de directeur de l’ESIT, poste qu’elle occupe tout en continuant à assurer des cours de Master à l’université. Parallèlement, d’abord avec Danica Seleskovitch, puis avec Fortunato Israël ou à titre personnel, elle publiera de nombreux ouvrages consacrés à la traductologie, activité qu’elle poursuivra pendant de nombreuses années après son départ à la retraite de l’Université en 2002. Parmi les titres emblématiques, signalons La pédagogie raisonnée de l’interprétation, (publié en 1989, revu et augmenté en 2002), ouvrage commandé à Danica Seleskovitch et Marianne Lederer par le directeur du SCIC (le service d’interprétation de la Commission européenne) Renée van Hoof-Haferkamp et qui a servi de référence pendant des années, recommandé aux écoles d'interprètes des pays candidats à l’adhésion à l’Union européenne.

Au cours de sa longue carrière de traductologue, Marianne Lederer sera appelée à intervenir lors de nombreux colloques et manifestations dans des universités en France et à l’étranger, portant sur la recherche en traductologie et l’enseignement de cette discipline. Directeur de thèse de nombreux jeunes chercheurs, Marianne Lederer comptera des doctorants un peu partout dans le monde.
Ainsi, la recherche en traductologie restera au centre de ses intérêts jusqu’à la fin de sa vie.
Marianne Lederer laisse son fils, son petit-fils, ses frère et sœurs, et de très nombreux collègues et amis.